lundi 5 novembre 2012
JE- Philoséries « Philosopher avec les séries télévisées »
mercredi 31 octobre 2012
JE "Ecrans et Médias", 16 novembre 2012, Pessac
A l'occasion de la sortie du numéro 34 de la revue MEI, une journée d'études intitulée "Ecrans et Médias" se tiendra à la Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine le 16 novembre 2012.
Vous y êtes cordialement invité.e.s
Vous y êtes cordialement invité.e.s
vendredi 28 septembre 2012
JE - Parcours et compétences numériques des 16-24 ans
vendredi 13 juillet 2012
JE - Cinémas et cinéphilies populaires dans la France d'Après-Guerre 1945-1958
Journée d’études de l’ANR CINEPOP50
Jeudi 6 septembre 2012
MSHA, 10 esplanade des Antilles, 33607 Pessac
8h45 – 15h45
Avec notamment : Laurent Creton, Kira Kitsopanidou, Sébastien Layerle, Delphine Chedaleux, Jean-Marc Leveratto, Geneviève Sellier, Pierre-Olivier Toulza, Camille Gendrault et Raphaëlle Moine.
Pour plus d’infos cliquez sur le titre du post !
mardi 12 juin 2012
JE - Humanités et numérique : recherche avec et sur le numérique
Rennes, 26 juin 2012
Le mardi 26 juin 2012, l’université Rennes 2 organise une première édition de la journée internationale de la recherche. Associant les différentes unités de recherche de Rennes 2, cette journée sera placée sous le thème : « Humanités et numérique : recherche avec et sur le numérique ». Ce sujet permettra aux chercheurs de s’exprimer sur le numérique en tant qu’objet et outil de recherche et de réfléchir aux changements que le numérique a induits dans les pratiques de recherche, les pratiques professionnelles, les organisations territoriales et les processus de création.
Associant les différentes unités de recherche de Rennes 2, cette journée sera placée sous le thème transversal des “Humanités et numérique : recherche avec et sur le numérique". Cette thématique permettra aux chercheurs de s’exprimer sur le numérique en tant qu’objet et outil de recherche, et de réfléchir aux changements que le numérique a induits dans les pratiques de recherche, les pratiques professionnelles, les organisations territoriales, la création.
Ouvert à tous, cet événement répond à plusieurs objectifs : favoriser les échanges entre chercheurs de disciplines différentes au sein de Rennes 2, promouvoir les recherches de Rennes 2 auprès des acteurs du territoire rennais et auprès de l'Université Laval de Québec.
Une cérémonie de remise des diplômes sera organisée à l’issue de cette journée afin d’honorer les jeunes chercheurs ayant soutenu leur thèse à Rennes 2 au cours de l’année 2011.
PROGRAMME :
8h30 Accueil des participants
9h00 - 9h30 Séance d'ouverture
Raymonde Séchet, Vice-présidente du Conseil Scientifique, Université Rennes 2
Nicolas Thély, Professeur des universités en art, esthétique et humanités numériques, Université Rennes 2
9h30 - 10h45 Numérisation et données numériques
"De l'archive à la revisite d'une enquête" CERHIO
"Traitement numérique du paysage" LETG - COSTEL
Littérature arthurienne et photolittérature sur internet CELLAM
10h45 - 11h00 Pause
11h00 - 12h30 Pratiques du numérique et processus d’apprentissage
"Pratiques et Usages du Numérique : enjeux pour la pédagogie universitaire" CREAD
"Apprentissage à partir de documents numériques : quels effets des formats de présentation de l'information" LOUSTIC
L’expérience de la télévision sur téléphone portable dans l’espace public / Écologie des pratiques médiatiques en partenariat avec Orange Labs PREFics / LOUSTIC
"Ineduc : focales sur les inégalités scolaires, de loisirs et de pratiques numériques chez les adolescents" ESO / CREAD-M@RSOUIN
12h30 - 14h00 Déjeuner-Buffet
14h00 - 15h30 Pratiques du numérique : organisation et environnements
"Les politiques numériques internes de l’e-administration" PREFics
"Les usages du numérique dans le domaine de l’aménagement et de l’urbanisme » / « HyperPaysages urbains : un questionnaire d’enquête multimédia participatif Web 2.0" ESO
« Dans les murs de la Casbah : le web-documentaire, une nouvelle écriture numérique entre valorisation de la recherche et intervention sociolinguistique » PREFics / Arts : Pratiques et Poétiques
15h30 - 15h45 Pause
15h45 - 16h45 Représentations et cultures du numérique
Interrogation sur les nouvelles pratiques musicales "amateurs et professionnels" liées à l’utilisation systématique de l’outil informatique
Arts : Pratiques et Poétiques
« Des pratiques éditoriales en art »
Arts : Pratiques et Poétiques
16h45 - 17h15 Séance de clôture :
Paul Fortier, Vice-recteur à la recherche et à la création, Université Laval, Québec
Marie-Andrée Doran, Directrice de l’Institut Technologies de l’Information et Sociétés (ITIS), Université Laval, Québec
17h30 - 18h30 Cérémonie de remise des diplômes aux jeunes docteurs
Parrain de la promotion : André Lespagnol, Ancien Président de l'Université Rennes 2
18h30 Cocktail
Un espace numérique de consultation permettra de découvrir des travaux de recherche de Rennes 2 sur le thème "humanités et numérique" : webdoc, CD-Rom, muséographie digitale, archives numérisées…
mardi 22 mai 2012
JE - "Les écritures ordinaires de la recherche"
Université de Toulouse-Le Mirail
Maison de la recherche
Salle D 31
Dans le quotidien de leurs activités, les chercheurs produisent quantité de traces et inscriptions en amont d'un résultat formalisé. Bien souvent occultés, ces écrits informels constituent pourtant une fenêtre irremplaçable sur la science en train de se construire et permettent de rendre visible et compréhensible le processus habituellement dissimulé de production de la science.
Soutenu par le Conseil régional de Midi-Pyrénées et porté par le laboratoire d'études et de recherches appliquées en sciences sociales (LERASS), en association avec l'Urfist de Toulouse, le projet ÉCRITO vise au travers d'une approche socio-épistémologique à mieux comprendre la place et le rôle de ces écritures informelles dans la production des connaissances nouvelles. Il s'agit également de prolonger le questionnement sur le patrimoine scientifique à partir de ces traces produites quotidiennement par les chercheurs. Les rendre visibles, c'est contribuer à préserver et à valoriser les activités ordinaires du chercheur. Le projet s'inscrit ainsi dans une continuité d'efforts déjà entrepris en Midi-Pyrénées par des partenaires comme la Maison des sciences de l'homme de Toulouse et la mission "Sauvegarde du patrimoine scientifique et technique contemporain de Midi-Pyrénées" ; il s'articule également avec le projet PATOUS consacré au patrimoine immatériel des universités toulousaines.
Cette journée d’étude intervient au mitan du projet ÉCRITO. Elle est pensée à la fois comme une première synthèse des résultats obtenus ainsi que comme un temps de réflexion au travers de diverses mises en perspective conceptuelles.
Programme :
9h – 9h30 : Introduction – Robert Boure (Sciences de l’information et de la communication, LERASS, Université Toulouse-III)
9h30 – 12h30 : Restitution des terrains
• Une écriture invisible pour le traitement de données visuelles – Sophie Dalle-Nazébi (Sociologie, Websourd) / Dimitri Aguera (Archiviste, PRES Toulouse)
• Traces turbulentes, écrits diffus. Le «bureau» : support palimpseste du travail en mécanique des fluides – Dimitri Aguera (Archiviste, PRES Toulouse) / Sébastien Plutniak (Sociologie, LISST, Université Toulouse II)
• Neuroscience et archivage : l'impact de l'humain en tant qu'objet de recherche – Jules Tombelle (Sociologie, LISST, Université Toulouse-II)
• Archéologie : archiver l’absence – Sébastien Plutniak (Sociologie, LISST, Université Toulouse II) / Sylvie Fayet (Conservateur, URFIST, PRES Toulouse)
• Le film-recherche – Anne-Marie Granié (Sociologie, Dynamiques Rurales, Université Toulouse II) / Jean-Pascal Fontorbes (Audiovisuel, Dynamiques Rurales, Université Toulouse II)
• Griffer le verre : les marques d'appropriation dans la verrerie d'un laboratoire de biologie – Jérôme Lamy (Histoire des sciences, LISST, Université Toulouse II)/ Sébastien Plutniak (Sociologie, LISST, Université Toulouse II)
12h30 – 14h : Pause déjeuner
14h – 16h30 : Mises en perspective
• Matérialités de l'écriture : le chercheur et ses outils, du papier à l'écran –Oriane Deseilligny (Sciences de l'information et de la communication, GRIPIC, Université Paris Nord)
• Un chercheur, des archives : les traitements possibles dans le cadre des Archives de l'Université – Anne Fernandez (Archiviste, Université Toulouse I)
• De la mise en archives de soi à l'archivage de la Science : expériences et modes de transmission des archives personnelles de la recherche – Yann Potin (Archives Nationales)
• La patrimonialisation de la science en train de se faire : pour quoi, pour qui ? – Daniel Jacobi (Sciences de l’information et de la communication, centre Norbert Elias, Université d’Avignon)
16h30 – 17h : Bilan – Muriel Lefebvre (Sciences de l’information et de la communication, LERASS, URFIST, Université Toulouse I)
Pour une présentation plus détaillée du projet ÉCRITO, vous pouvez vous reporter au carnet de recherche : http://ecrito.hypotheses.org/
Institutions partenaires
• LERASS
• URFIST de Toulouse
• LISST
• Dynamiques Rurales
• PRES – Mission de Sauvegarde du Patrimoine Scientifique et Technique Contemporain)
• MSHS – Toulouse
• Région Midi-Pyrénées
• Websourd
Organisation
• Muriel LEFEBVRE (LERASS, URFIST, UTI)
• Sylvie FAYET (URFIST, PRES)
• Céline POTTIER (MSHS-T, PRES)
• Dimitri AGUERA (URFIST, PRES)
Contacts
• Muriel Lefebvre, muriel.lefebvre@univ-tlse1.fr
Inscription
La journée d’étude est ouverte à tous. Merci néanmoins de vous inscrire avant le 18 juin à l’adresse suivante : Anne-Marie Cau, urfist@univ-tlse1.fr
Dans le cadre du partenariat avec Websourd, la journée d'études sera traduite en langue des signes.
mardi 15 mai 2012
JE - DESIGN ET ART CONTEMPORAIN
Journées d'études "Design et art contemporain" les mercredi 23 et jeudi 24 mai 2012 à la MSHA, Pessac (33 607)
MICA : MEDIATION | INFORMATION | COMMUNICATION | ART
RESPONSABLE : BERNARD LAFARGUE
Depuis le triomphe du Pop Art dans les années soixante, la hiérarchie entre le grand Art et les arts dits mineurs, d’agrément ou industriels s’est effondrée. Comme le dit Danto : la fin de l’art est la fin de l’art ; il n’y a plus d’autre endroit où aller. Si on peut comprendre cette formule sibylline de plusieurs manières, dont la Phénoménologie de l’Esprit hégélienne et l’éternel retour nietzschéen dessinent les contours, il est manifeste que le monde est devenu un monde de l’art "gazeux" (Michaud), "ludique" (Mafessoli), "dévoyé" (Foster relisant Loos), "cynique" (d’Adorno à Sloterdijk en passant par Baudrillard, Clair ou Foster) et "gazé" (Crébillon, Lafargue).
Et, dans ce monde de l’art sans autres frontières que celles, invisibles, de l’argent, ce sont les designers qui donnent le ton à des artistes privés de "compétences" par le procès iconoclaste de la modernité qui abat les Ecoles des Beaux-Arts au nom de l’art (plastique) en général après avoir tenté de faire des artisans les véritables artistes d’un société juste (de Morris au Bauhaus en passant par Malevitch, Taraboukine ou les constructivistes russes).
Ce bouleversement (éternel retour ?) favorise aujourd’hui l’avènement d’artistes-designers-businessmen (de Warhol à Murakami en passant par Chalayan, Starck ou Tokujin Yoshioka) ayant des intentions artistiques (Kunstwollen), méthodes de travail, stratégies de production, modes de diffusion commerciale ou des traits d’esprit (cosa mentale, pointe) très comparables à ceux de chefs d’entreprises mais aussi des bâtisseurs de pyramides, temples, églises et autres Léonard, Raphaël, Michel-Ange, Rubens, Lebrun, etc…, de nouveaux concepts comme ceux de "reproductibilité technique" (Benjamin, Despond-Barré, Stiegler), "design de masse ou distinctif" (de Bourdieu à Assouly), "design total" (de Loos à Stiegler en passant par Beuys et Warhol), "antidesign" (Colombo), "anarchitecture" (Matta-Clark, Price), "anti-ornement" (Loos, Foster), "no design" (Boris Groys et Peter Sloterdijk à la Hoschschule für Gestaltung à Karlsruhe), "design-art" (Alex Coles ), "re-design" (Alchimia, Mendini), "usage geste et effet de design" (Simondon, Certeau, Stiegler, Vial), "bon design" (Papanek, Starck, Stiegler, Thackara), "design social ou démocratique (de Morris à Stiegler en passant par Simondon, Groys, Beuys ou Warhol), "design intelligent ou de pointe" (Pesce, Hatchuel, Erlhoff), "design-tension pour la vie" (de Moholy-Nagy à Huyghe), "auto fictio-design" (de Foucault à Groys en passant par la somæsthétique de Shusterman et la Queer theory), la fusion d’Ecoles d’art et de design (Genève, Saint-Etienne, etc.), de galeries d’art qui (cf. le fameux show de Ron Arad à la galeries Gagosian de NY, 2007) exposent du design et des galeries de design qui exposent des œuvres d’art, sans oublier les installations d’ "art-design" des frères Campana.
Ces journées d’études se proposent d’interroger ces nouvelles figures de l’artiste-designer et de mettre à jour les questions, problèmes ou perspectives qu’elles ouvrent. Elles vont de pair avec le numéro 24 de Figures de l’art : La philosophie du design (dir. Claire Azéma, Stéphanie Cardoso, Bernard Lafargue) qui paraîtra en janvier 2013 et un colloque international : "Le design dans l’art contemporain", qui aura lieu à Bordeaux (Université, CAPC, Musée des Arts Décoratifs) en novembre 2013.
PROGRAMME DU MERCREDI 23 MAI 2012
15h00 > Bernard LAFARGUE
Résonnances du Pop Art (de Warhol) dans quelques œuvres contemporaines de "design-art" (Factory / Mr. Freedom, Eames, Colombo, Arad, Mendini, Starck, Murakami, Corajoud, Koons, Cattelan)
Dans un monde devenu "un monde de l’art" dans lequel le souci esthétique de soi est devenu le souci prédominant, les designers sont devenus les artistes principaux. Pour le pire comme pour le meilleur. Le pire s’ils veulent prendre la place du "philosophe-roi" de leurs prédécesseurs, théologiens ou idéologues, comme le craint une lignée de penseurs, de Marx à Stiegler en passant par Loos ou Foster ; le meilleur comme l’espère une autre lignée, qui va de Morris à Groys en passant par Warhol, Stiegler ou Huyghe. Après avoir rappelé cette double généalogie de la philosophie du design, cette communication s’attachera à présenter quelques figures exemplaires de l’artiste-designer des vingt et vingt-et-unième siècles.
16h00 > Nicolas BOUTAN
Du transformable au transportable :le cas du musée
Aseptisées, cliniques, les années 2000 marquent la consécration des commissaires d'exposition, véritables gourous au coeur des institutions culturelles, devenues banques de données à organiser. Tour à tour ingénieur, chef de projet ou styliste, le commissaire s'approche de la pratique du designer jusqu'à s'y confondre. Après des turbulences impuissantes à les détrôner, ces deux figures contemporaines scénarisent leurs frasques à partir d'une intrigue de sitcom décomplexée mélangeant pouvoir glamour et volupté, recette d'un succès annoncé.
17h00 > Jérôme CARRIÉ
Détours de design :une pratique de la sérialité
En tant qu’artiste plasticien travaillant dans le champ de l’art contemporain, mes productions artistiques entrent souvent un écho avec les différents domaines du design : design graphique, design d’objet, design d’espace. Ma démarche étant liée à la production en série de multiples, mon intervention tentera de "designer" les contours d’une pratique continuellement partagée entre répétition systématique et expérience esthétique différenciée. Elle sera ponctuée de multiples références empruntées aux arts plastiques comme aux arts appliqués.
18h00 > Marc-Antoine FLORIN
Art & design : métissages
L’art contemporain observe, révèle, critique ou instrumentalise le design (processus, production, produits) ; celui-ci réplique par mimétisme, réaction, inspiration jusqu'à dissoudre la frontière (l’estran plutôt) entre des champs disiplinaires aux influences croisées depuis toujours (chacun maraudant sur les terres de l'autre). Les métissages multiformes issus de ces interactions fécondes profitent en particulier au design qui fut parfois tenté par des démarches doctrinaires autonomes. J'adopterai le point de vue du design dont l'évolution des méthodes et créations est redevable aux interpellations et propositions de l'Art Contemporain (parmi d'autres).
PROGRAMME DU JEUDI 24 MAI 2012
9h15 > Patrick MARTY
Eau de l'art - Art de l'eau
Le vécu de l’eau dans l’espace imaginaire des artistes sous-tend leur quête d’endroits archétypes où l’on se sent chez soi, ces espaces universels où l’on se retrouve. Là où la tension entre la vision et le désir permet au corps de se transformer en un espace unique (Tom Fecht). Le choix des matériaux et de leurs surfaces, leur transparence et leur translucidité, les jeux de lumière et, particulièrement la mise en forme de l’eau et de son parcours créent des oasis d’épanouissement sensuel. Bien plus qu’un concept marquant et insolite notre quotidien de l’eau est fait d’objets qui réinterprètent l’expérience aquatique. Les designers revendiquent ce rapport à la puissance et à l’esprit de l’eau personnalisée si bien que chaque utilisateur peut librement changer son état d’esprit et enrichir les rituels individuels, diriger et façonner l’eau pour en faire une expérience.
L’eau devient prétexte à l’errance. Avec cet élément le corps et l’esprit sollicite un transport, un franchissement, un changement d’état à chaque utilisation. Cette connivence avec l’eau nous permet de ne pas nous dissoudre totalement dans l’uniformisation générale d’un monde dématérialise. Elle nous permet d’être le temps présent, le vivre et le ressentir; mieux encore elle nous abstrait de nous mêmes et de l’extérieur, une mise entre parenthèses. Phénomène qui fonctionne aussi bien dans un face à face intime ou dans un lieu public avec une foule environnante. Ces approches sous tendent des questionnements sur des problèmes écologiques et rencontrent ainsi les préoccupations du designer qui intègre de plus en plus les problèmes urbains ou de cette campagne peu à peu semi urbanisée.
10h15 > Claire AZÉMA
De l'usage comme performance
Michel de Certeau dans L’invention du quotidien mettait en avant la nature créative de l’usage. De son côté dans les années 70, Alan Kaprow remettait en cause la nature même de la performance pour proposer une typologie de ses Happenings : l’un d’entre eux était "l’Activity" qui ne demandait ni scène, ni public et qui se déroulait souvent sans but, comme une forme d’expérience gratuite partagée dans le faire ou exécutée dans la solitude. Pour développer sa réflexion sur l’expérience, Kaprow s’est appuyé sur L’art comme expérience, de John Dewey, philosophe pragmatique américain, il décide par son essai de faire sortir l’art des musées et de redonner sa valeur esthétique à l’expérience quotidienne. Dans la lignée de Dewey, Richard Schusterman est revenu dans L’art à l’état vif sur la pensée de Dewey pour la discuter et l’actualiser au travers d’une analyse de l’art populaire. A la fin de son ouvrage Schusterman nous invite à imaginer l’expérience quotidienne comme une expérience esthétique à vivre et à construire soi-même et pour soi-même. Dans ce cadre-là nous souhaitons interroger la place de l’usage des objets quotidiens issus du design. Le design propose-t-il à sa manière des expériences esthétiques quotidiennes ? L’art de la performance peut-il nous proposer des modèles permettant de définir et de classer de telles expériences ? Pour le design, quels enjeux esthétiques se cachent dans de telles expériences ? En comparant les définitions de la performance et du happening issus de l’art contemporain à celles de l’usage en design, nous souhaitons valoriser et montrer l’importance de gestes quotidiens qui passent souvent inaperçus, nous souhaitons au travers de cette réflexion comprendre se qui se joue dans la perte créative quotidienne qui s’opère dans l’usage des objets .
11h15 > Johann CHATEAU
Post-human pornography : design d'une nouvelle chair
Les enjeux érotico-pornographiques actuels sont radicalement différents des préoccupations sociales et pédagogiques des années 2000. La cyberculture, en tant qu'héritière des fantasmes cyberpunk des années 1990 (destruction de toute frontière, hallucination, contre-culture, cyberespace) fusionne réalité et imaginaire pour mettre en scène la corporéité dans la virtualité. Le sexe technosimulé s'y revendique comme libéré du corps, délocalisé dans la fiction. Nous pourrions craindre une solitude autoérotique, "somatophobe" (Järvinen-Tassopoulos), la disparition d'un corps devenu obsolète (Le Breton). Cependant, il ne s'agit pas tant de dissoudre le corps dans sa simulation que de le "hacker", de le "contaminer", d'en réévaluer la réalité en le confrontant à la culture des mondes virtuels. Ainsi, la cyberpornographie a pour ambition de modifier les notions de corps et de réalité, d’abolir la frontière entre l’écran et la chair.
14h30 > Stéphanie CARDOSO
Robot et bestiaire contemporain entre Art et Design : mise en tension, filiation et poïétique
Le robot chien Aibo pourrait-il animer à travers diverses postures, une sensibilité similaire aux lièvres de Barry Flanagan ("The Boxing Hares on cross", Flanagan, 1985) ? Pokémons (Shatoshi Tajiri, 1997), Artoyz (Urban Vinyl, 1999), Tamagotchi (Bandai, 1996), Aibo (Sony, 1997), Nabaztag (Violet, 2006), Teddy Bear (Starck, 1990), Pods (Cronenberg, Existenz, 1999), "Stern Cells" (Piccinini, 2002, Leonardo (Cynthia Breazeal, MIT), Puppy (Koons, 1986)… Ce bestiaire artificiel prolifère de manière frénétique jonglant entre une multitude de dimensions : kitsch, kawaii, haute technologie, sensibilité, infantilité, biotechnologie, croyance animiste, éthique et mythe pygmalionniste. Dans une approche poïétique, cette présentation proposera une mise en abîme du bestiaire contemporain et des robots de compagnie. Les robots ont été interrogés, décortiqués et expérimentés plastiquement par le biais de photomontages et d'animations. Ainsi, en s’introduisant dans la sphère des Arts Plastiques et de l’Histoire de l’Art, les robots de compagnie à la pointe de l’hyper-technologie, adoptent-ils une place sensible, esthétique, artistique ? Ces productions contemporaines issues de dimension fictionnelle, s’approprient-elles notre quotidien au point de s’introduire dans nos références sociales et culturelles ? Comment le projet de design se positionne-t-il dans cette mise en tension ?
L'idée sous-jacente de cet exposé interrogera une espèce d'objet amicale, elle visera à décloisonner l’univers complexe de la robotique et à construire des espaces cognitifs multidimensionnels.
15h30 > Jacques BRUNET-GEORGET
"Non-morts", no more : écorchés du Docteur Von Hagens
Je me propose d’interroger les zones d’intersection entre l’art et le design à partir de leur dehors : l’opérateur-limite que constituent les corps plastinés de Günther von Hagens, présentés mondialement depuis quelques années. Ce médecin anatomiste a mis au point une technique consistant à expulser l’eau des cellules des cadavres, de sorte à ce que le corps se trouve à l’abri de la putréfaction, comme "plastifié" dans ses formes originelles ; il devient alors possible de lui imposer des postures proches de la vie et de composer de saisissantes scènes d’écorchés. Selon toute apparence, cette démarche ne relève pas du design, car ces corps esthétisés ne se confondent pas avec des objets fonctionnels et ne répondent pas à l’exigence d’une production standardisée ; elle ne relèverait pas non plus, de l’aveu même de Von Hagens, d’une démarche artistique, car sa finalité ne réside ni dans la beauté ni dans le plaisir procuré. Pourtant, depuis son étrangeté même, une telle expérience présente des analogies avec ces deux processus ; elle pourrait même conduire à réinterroger leurs caractéristiques respectives. Pour ce faire, deux axes se profilent : d’une part, il est légitime de revenir (sans doute philosophiquement) sur la conceptualisation de l’objet et sur sa différence avec la chose (la Chose ?) ; d’autre part, il faut consentir à restituer cette expérience sur la scène de la subjectivité. Comment l’objet "non-mort" promu par Von Hagens s’adresse-t-il en nous à un plaisir particulier, à un plaisir trouble ? Et comment les traces d’un tel plaisir pourraient-elles justement se laisser recueillir à la frontière (mouvante) entre art et design ?
16h30 > Nicolas NERCAM
Design and Crime dans l'art contemporain du sous-continent indien
Depuis les premières années du XXIe siècle, l'art contemporain et le design indien s'affirment sur la scène internationale. Notre étude se propose d'approcher quelques-unes des interfaces entre design et art contemporain, dans le contexte de la diffusion mondiale de la production indienne. Alors que cette émergence combine les notions d'identité (voire d'ethnicité indienne) et de métissage (entre art savant et art populaire en particulier), certains observateurs appellent de leur vœu une nécessaire "esthétisation" du design indien, alors que d’autres constatent l'avènement d'un art actuel du sous-continent dorénavant "designé".
17h30 > TABLE RONDE
Le design de nos existences
Avec Claire AZÉMA, Nicolas BOUTAN, Jérôme CARRIÉ, Franck CORMERAIS, Cécile CROCE & Bernard LAFARGUE
LOCALISATION
MSHA (Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine) : 10 Esplanade des Antilles, Domaine universitaire, 33600 PESSAC
JE CULTURHISTO 2012
Culture populaire et / ou culture grand public ? De la subversion au marketing (XIXe-XXIe siècles)
Mercredi 23 mai 2012, Guyancourt
Quels seraient les enjeux d'une mise en parallèle entre culture populaire et culture grand public ? S'agit-il d'une distinction entre logique éducative et logique de marché, ou d'une confrontation entre authenticité d'un côté, et séduction du marché de l'autre ? Cette journée d'études est organisée par les doctorants du centre d'histoire culturelle des sociétés contemporaines.
Le champ culturel est animé par un déplacement permanent des frontières au sein de « la culture », de redéfinition des hiérarchies. Certaines manifestations de résistances aux cultures dominantes sont parfois qualifiées de « populaires », en oppositions aux cultures officielles. Des labels comme « underground », « rock alternatif », et même « nanar » deviennent ainsi des outils de distinction. Mais les processus de reconnaissance, au sein desquels il faudra étudier l’action des entrepreneurs culturels, peuvent être –et sont- souvent interprétés comme des phénomènes de « récupération » et de routinisation. Au vu de ces reconversions, on peut être tenté de se demander si toute contre-culture est destinée à être absorbée par le système culturel dominant.
Programme
9h : Accueil des participants et introduction de la journée.
9h30-11h : Lorsque les politiques publiques dressent des espaces de médiation, entre culture pour le peuple et grand public.
Présidence de séance : Alexis Blanchet (IRCAV – Paris 3).
Thibault Le Hégarat (doctorant en histoire, CHCSC-UVSQ), Le patrimoine matériel en France depuis l'après-guerre : de la difficulté de définir un objet support de représentations et de pratiques mouvantes.
Caroline Saugier (doctorante en arts du spectacle, MRSH- Université de Caen), La culture large public comme produit des institutions culturelles de marché : le cas du festival d'Avignon ''In'' contemporain.
Justine Delassus (doctorante en histoire, CHCSC-UVSQ), Matérialiser l'art littéraire : des maisons d'écrivains aux parcs à thème, quelles identités culturelles ?
11h : pause.
11h30-13h : Le cinéma, ou le triomphe de la culture de masse ?
Présidence de séance : Évelyne Cohen (ENSSIB – Université de Lyon).
Myriam Juan (doctorante en histoire, CHS-Paris 1), Vedettes populaires, stars grand public ? Éléments de réflexion sur les modèles français et hollywoodiens dans les années 1930.
Alexandra Schwetzoff (doctorante en études slaves, Paris 4), Une nouvelle culture de masse cinématographique en Russie contemporaine, le russkij blockbuster.
Nathanel Amar (doctorant en sciences politiques, CERI–Sciences-Po), De l'avant-garde à la propagande : le parcours du cinéma chinois.
14h30-16h30 : La contre-culture, entre récupération et marketing.
Présidence de séance : Anaïs Fléchet (CHCSC – UVSQ).
Marcos Giadas Conde (maître de conférences en sciences de l'information et de la communication, HAR – Paris-Ouest-Nanterre), Le cas Manu Chao : entre culture légitime et hit-parade.
Annabelle Seoane (doctorante en sciences du langage, CEDITEC- Paris-Est-Créteil), Le positionnement du Guide du Routard : de ''l'auberge de jeunesse cracra'' au ''petit hôtel de charme.
Marjorie Glas (doctorante en sciences sociales, EHESS-IRIS), La transformation des modes de revendication du théâtre populaire des années 1950 à nos jours.
Emmanuelle Fantin (doctorante en sciences de l'information et de la communication, GRIPIC-CELSA), L'instrumentalisation de la contre-culture par le discours publicitaire.
16h45-17h30 : Conclusion de la journée par Dimitri Vezyroglou (CERHEC – Paris I)
Entrée libre dans la limite des places disponibles
Comité d'organisation :
Yann Hermans, Nicolas Lahaye, Géraldine Poels, Matthias Steinle.
Comité scientifique :
Alexis Blanchet, Évelyne Cohen, Christian Delporte, Éric Fimbel, Anaïs Fléchet, Laurent Jullier, Jean-Yves Mollier, Jean-Marie Privat, Dimitri Vezyroglou, Jean-Claude Yon
vendredi 11 mai 2012
JE Les enjeux de la communication interculturelle
Journées d’études interdisciplinaires sur la théorie et pratique de la communication interculturelle dans les sciences humaines.
du 5 au 7 juin 2012
EHESS/ FMSH 190-198 avenue de France, Paris 13
Organisatrices : Nadine Rentel (FH Zwickau), Stephanie Schwerter (EHESS, FMSH), Yasmine Mohammedi (EHESS)
Contact : nadine.rentel@fh-zwickau.de; schwerter@msh-paris.fr; ymohammedi@ehess.fr
Mardi 5 juin, salle 2
9h-10h30 Introduction à la communication interculturelle, approches théoriques
Stephanie Schwerter (EHESS, FMSH)
Nadine Rentel (Université de Zwickau)
Pause café
10h45-12h15 Cultural Codes and Linguistic Barriers in Translation
Clíona NíRíordáin (Paris III)
Président : Terence Holden (EHESS)
12h15-14h Pause
14h15-15h30 La communication interculturelle dans un monde post-américain
Michaël Oustinoff (Paris III, ISCC/CNRS)
Président : Clíona NíRíordáin (Paris III)
15h30-17h La communication interculturelle d’un point de vue philosophique
Jean-René Ladmiral (Paris X, ISIT)
Président : Nicolas Villain
Pause
17h15-18h45 Multilinguisme et traduction dans l'Union européenne : Légiférer en 23 langues
Catherine Vieilledent-Monfort (Commission Européenne, Bruxelles)
Présidente : Yasmine Mohammedi (EHESS)
Mercredi 6 juin, salle de conseil B
9h-10h30 Les enjeux de la communication interculturelle dans l’histoire
Gueorgui Chepelev (Paris VIII)
Président : Alain Messaoudi (EHESS)
Pause café
10h45h-12h15 La communication interculturelle dans les médias
Christoph Vatter (Université de la Sarre)
résident : Michaël Oustinoff (Paris III, ISCC/CNRS)
12h15-14h Pause
14h15-15h30 Différences interculturelles dans les communications universitaires
Mignon Lamielle (Paris IV)
Présidente : Doris Fetscher (Université de Zwickau)
15h30-17h Cultural Communication in the Arts
Ciara NiHogain (Paris V)
Président : Terence Holden (EHESS)
Pause
17h15-18h45 Communiquer interculturellement à travers la musique
Philippe Desse (Compositeur, musicologue)
Présidente : Stephanie Schwerter (EHESS, FMSH)
Jeudi 7 juin, salle 2
9h-10h30 L’ethos des langues, l’ethos des cultures : français, italien, anglais
Yana Grinsphun, (Paris III)
Présidente : Nadine Rentel (Université de Zwickau)
Pause café
10h45-12h15 Procédures pénales et communication interculturelle : un exemple britannique
Yasmine Mohammedi (EHESS)
Président : Rainer Maria Kiesow (EHESS)
12h15-14h Pause
14h15-15h30 Les incidents critiques dans l’enseignement interculturel
Doris Fetscher (Université de Zwickau)
Présidente : Yana Grinsphun, (Paris III)
15h30-17h Gestion des conflits dans les rencontres internationales
Harald Schraeder (CPU)
Président : Christoph Vatter (Université de la Sarre)
Pause
17h15-18h45 La guerre interculturelle dans les médias
Anne-Marie Picard (American University of Paris)
Président : Nicolas Villain
jeudi 3 mai 2012
AAC - JE "Le Processus de création cinématographique vu par la télévision"
Journée d'étude coordonnée par Antony Fiant et Roland Carrée
Dans le cadre d'une journée d'étude provisoirement intitulée Le Processus de création cinématographique vu par la télévision, coordonnée par Antony Fiant (MCF cinéma à Rennes 2) et Roland Carrée (doctorant cinéma à Rennes 2 et ATER cinéma à Caen), qui se tiendra le samedi 29 septembre 2012 à l'Université Rennes 2, nous sommes à la recherche d'un(e) intervenant(e) pour une communication (entre 30 et 45 mn) pouvant retracer l'histoire des émissions de télévision consacrées au cinéma ou des émissions culturelles accordant une place significative au cinéma et traitant du processus de création cinématographique, qu'il soit directement montré ou commenté.
Cette journée s'inscrit dans le cadre des travaux du laboratoire cinéma de Rennes 2 travaillant depuis plusieurs années sur le thème "Filmer la création artistique" (projet ANR) et depuis plus récemment sur la façon dont la télévision a filmé les arts, en explorant les archives de l'INA.
Cette journée, avec d'autres, fera l'objet d'une publication aux Presses Universitaires de Rennes dans la collection "Le Spectaculaire Cinéma".
Il va de soi que les frais de transport, d'hébergement et de bouche sont couverts par le laboratoire rennais.
Merci d'envoyer vos propositions aux deux coordinateurs via les adresses suivantes :
antony.fiant@univ-rennes2.fr et roland.carree@gmail.com
jeudi 26 avril 2012
JE - "NORMES CONTRAINTES ET APPROPRIATION"
mardi 20 mars 2012
Journées d'études Humanités digitales
Journées d’études organisées par le groupe projet “Institut des Humanités digitales de Bordeaux” coordonné par le MICA intitulées :
"Le tournant numérique des sciences humaines"
Bordeaux, MSHA
Elles se tiendront le mardi 3 et le mercredi 4 avril 2012 à la MSHA, Salle Jean Borde, et sont organisées dans le cadre des projets Idex, en partenariat avec l’ISCC du CNRS, le Mica et le programme Raudin.
Ce moment de mise en commun et de discussion permettra d’affiner notre projet collectif bordelais avec l’aide de nombreux invités, du Centre George Pompidou, du CNRS, Cléo, du Ministère de la culture, d’universités partenaires et bien sûr des universités bordelaises.
L’inscription est obligatoire et gratuite dans la limite des places disponibles. Les repas seront pris sur place. Pour vous inscrire merci de suivre ce lien:
https://docs.google.com/spreadsheet/viewform?formkey=dGNPNnJ3Q1ZCM2R5X05LaWgwb2Z5RFE6MQ
lundi 26 décembre 2011
Journée d'études du GRER
samedi 17 décembre 2011
Journée d'études "La culture du fan. Vers une nouvelle sociologie des publics?"
La culture du fan. Vers une nouvelle sociologie des publics ?
Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord
Paris, 27 avril 2012
Comité d’organisation :
Maxime Cervulle, Paris 1, LETA-CRICC
Nelly Quemener, King’s College London, CIM
Florian Voros, EHESS, IRIS
Commenter, interpréter, remixer, recommander, imiter, parodier, célébrer, critiquer, collectionner, archiver, échanger et débattre. Autant de pratiques ordinaires des fans qui nous invitent à envisager la réception dans ses dimensions actives. En faisant voler en éclats la distinction conceptuelle entre production, médiation et réception, les fans nous portent à interroger les dispositifs méthodologiques propres à saisir l’activité et les logiques sociales des publics. Comment rendre compte des investissements affectifs et matériels des fans ?
En 1992, la parution simultanée de textes pionniers (Jenkins, 1992 ; Fiske, 1992 ; Grossberg, 1992 ; Bacon-Smith, 1992) amène les fans sur le devant de la scène académique états-unienne. Dans le sillage du tournant opéré une décennie auparavant par les Cultural Studies britanniques (Morley, 1980 ; Hall, 1980) puis nord-américaines (Radway, 1984 ; Fiske, 1987) vers une approche de la réception des médias comme activité productrice de sens, les fans, jadis observés de manière condescendante ou exclus de l’université, sont désormais pris au sérieux. Comme le résume Henry Jenkins : « Les fans de médias sont des consommateurs qui produisent, des lecteurs qui écrivent, des spectateurs qui participent » (2008 : 212). L’étude de leurs pratiques, organisations, affects et discours devient une des portes d’entrée privilégiées pour comprendre la manière dont les publics s’approprient les objets et les représentations de la « culture de masse ». En effet, s’il est possible de distinguer l’activité des fans de celle des autres publics, « seule une différence de degré sépare celle-ci des stratégies interprétatives de l’ensemble des consommateurs » (2008 : 212-213). Repenser l’activité des fans revient ainsi à repenser plus généralement la place des publics dans les industries culturelles et créatives.
Le « fan » a été l’objet d’investissements critiques contrastés dans les sciences humaines et sociales : tantôt figure paradigmatique de l’aliénation, tantôt modèle de subversion culturelle. Pour le Bourdieu de La Distinction, le fan est une caricature de public populaire ou petit-bourgeois ignorant sa soumission dans le processus de production propre aux industries culturelles, « voué à une participation passionnée (…) mais passive et fictive qui n’est que la compensation illusoire de la dépossession » (1979 : 450). Contre leur stigmatisation culturelle, l’acte fondateur des fan studies anglo-saxonnes est inversement d’étudier les « cultures fans » de l’intérieur, en prenant au sérieux les significations que les fans eux-mêmes donnent à leurs pratiques. De passif et crédule, le fan devient actif et critique : à l’instar de la figure du « braconnier » chère à de Certeau (1990), c’est un public qui s’approprie, détourne et re-signifie les objets et représentations qu’il investit. Mettre en débat la figure du « fan » implique dès lors d’interroger le regard des sciences humaines et sociales : quel rôle jouent-elles dans le renforcement ou le renversement des hiérarchies culturelles ? Comment ont-elles implicitement valorisé certains modes de consommation et certains publics ?
La posture d’« aca-fan », soit « fan et universitaire » (Jenkins, 1992), permet dans les années 1990 l’émergence de nouveaux savoirs critiques, moins surplombants, sur les réceptions des « médias de masse ». L’institutionnalisation de cette célébration universitaire des fans contient toutefois un nouveau risque de représentation biaisée, non plus sur le mode de la condescendance, mais sur celui de l’exotisation, en « projet[ant] sur l’objet étudié des systèmes de valeur ou d’interprétation qui ne correspondent qu’à des fictions ou à des fantasmes de publics et de réceptions » (Le Guern, 2009 : 41). Après dix années de fan studies, Matt Hills (2002) met ainsi en garde contre les risques d’une absence de réflexion sur la participation des « cultures fans » aux mouvements hégémoniques à l’œuvre dans les industries culturelles. On remarque que les Cultural Studies anglo-saxonnes et la sociologie de la culture française sont ainsi traversées par des débats similaires sur le misérabilisme et le populisme (Grignon, Passeron, 1989) des chercheurs vis-à-vis des publics qu’ils étudient.
Avec l’arrivée d’Internet, l’idée d’une « culture participative » (Jenkins, 1992) prend tout son sens, amenant un renouvellement des objets et des méthodes dans l’étude des fans (Hellekson, Busse, 2006). A quelques exceptions notables près (Maigret, 1995 ; Le Guern, 2007, 2009), cette réflexion sur les fans n’a eu que peu d’écho en France, où continue de prédominer un prisme théorique situé dans la lignée des travaux de l’école de Francfort sur l’aliénation propre aux « industries culturelles ». La prégnance, en sociologie de la culture, des conceptions de Pierre Bourdieu (1979) a sans doute également contribué à marginaliser le développement de travaux centrés sur les pratiques et activités des fans. Cette journée d’étude vise à décloisonner des traditions disciplinaires et nationales, notamment en proposant des voies de convergence entre sociologie de la culture française et fan studies anglo-saxonnes.
L’initiative de cette journée est liée à la conviction que les travaux contemporains sur la figure du « fan », qui se développent depuis deux décennies contiennent, par les débats qui les traversent, un fort potentiel de renouvellement de la compréhension que les sciences humaines et sociales ont des industries culturelles, créatives et de leurs publics. Celle-ci portera sur les « fans », sans délimiter à priori les frontières de cette catégorie, mais en s’intéressant particulièrement aux investissements intenses par les publics des objets et représentations d’industries culturelles et créatives telles que le cinéma, la télévision, la musique ou les jeux vidéos.
Nous invitons chercheurs, jeunes chercheurs et doctorants de toute discipline à proposer des communications présentant des études de cas ou les enjeux méthodologiques et épistémologiques que soulève l’étude des fans. Celles-ci pourront notamment aborder les thématiques suivantes :
· l’inscription des pratiques de réception dans la vie quotidienne et les temps sociaux ;
· les modes d’identification, de dés-identification et les sentiments d’appartenance ;
· les formes de sociabilités et la formation de communautés ;
· les usages et gratifications, les profits symboliques et le développement de compétences ;
· les ressources émotionnelles et les intensités affectives ;
· le travail créatif et le « crowdsourcing » : l’économie de la réception ;
· la construction exogène des fans comme public « excessif ».
La journée d’étude intitulée « La culture du fan. Vers une nouvelle sociologie des publics ? » se déroulera le vendredi 27 avril 2012 à la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord, de 9h à 18h30.
Les propositions de communication, en français ou en anglais, ne devront pas excéder 2000 signes (espaces compris). Elles sont à envoyer avant le 1er février 2012 à l’adresse suivante :culturedufan@gmail.com.
BIBLIOGRAPHIE
Bacon-Smith, C. (1992). Enterprising Women: Television Fandom and the Creation of Popular Myth. Pittsburgh University of Pennsylvania Press.
Bourdieu, P. (1979). La Distinction. Critique sociale du jugement. Paris, Minuit.
de Certeau, M. (1990). L’Invention du quotidien. 1. Arts de faire. Paris, Gallimard.
Fiske, J. (1987). Television Culture. Londres & New York, Methuen.
Fiske, J. (1992). « The Cultural Economy of Fandom ». In L. A. Lewis (dir.), The Adoring Audience. Fan Culture and Popular Media. Londres & New York, Routledge.
Grignon, C. et Passeron, J.-C (1989). Le savant et le populaire. Misérabilisme et populisme en sociologie et en littérature. Paris, Gallimard et Seuil.
Grossberg, L. (1992). « Is there a Fan in the House? The Affective Sensibility of Fandom ». In L. A. Lewis (dir.), The Adoring Audience. Fan Culture and Popular Media. Londres & New York, Routledge.
Hall, S. (2008) [1973]. « Codage/décodage ». In Identités et cultures. Politiques des Cultural Studies. Éd. établie par M. Cervulle, trad. de M. Albaret et M.-C. Gamberini. Paris, Éditions Amsterdam, pp. 169-184.
Hellekson, K. et Busse, K. (2006). Fan Fiction and Fan Communities in the Age of the Internet: New Essays. Jefferson, McFarland and co.
Hills, M. (2002). Fan Cultures. Londres & New York. Routledge.
Jenkins, H. (1992). Textual Poachers: Television Fans and Participatory Culture. Londres & New York, Routledge.
Jenkins, H. (2008). « La ‘‘filk’’ et la construction sociale de la communauté des fans de science-fiction ». In H. Glevarec, É. Macé, É. Maigret (dir.), Cultural Studies. Anthologie. Trad. de C. Jacquet. Paris, Armand Colin et Ina éditions, pp. 212-222.
Le Guern, P. (2007). « Aimer l’Eurovision, une faute de goût ? Une approche sociologique du fan-club français de l’Eurovision ». In Réseaux, vol. 25, n° 141-142, pp. 231-262.
Le Guern, P. (2009). « ‘‘No matter what they do, they can never let you down…’’. Entre esthétique et politique : sociologie des fans, un bilan critique ». In Réseaux, n°153, pp. 19-54.
Maigret, É. (1995). « ‘‘Strange grandit avec moi’’. Sentimentalité et masculinité chez les lecteurs de bandes dessinées de super-héros ». In Réseaux, vol. 13, n°70, pp. 79-103.
Morley, D. (1980). The Nationwide Audience. Londres, BFI.
Radway J. (1984). Reading the Romance. Women, Patriarchy, and Popular Literature. Chapel Hill & Londres, University of North Carolina Press.
