vendredi 25 mai 2012

Conférence d'Eric Fassin - Bordeaux

Les rencontres de l'Atelier Genre

Bordeaux - Maison des Suds, Vendredi 15 juin 2012 à 14h30

Éric Fassin, sociologue

Professeur agrégé à l'École Normale Supérieure

EHESS - CNRS

"Habitus démocratique et identité nationale. L'intimité en représentation"

L’anthropologie et la sociologie considèrent le plus souvent l’espace public comme un écran qui ferait obstacle à la compréhension du monde. Le travail des sciences sociales consisterait alors à écarter ces représentations illusoires, voire mensongères, pour accéder à la réalité. On se propose ici de renverser la perspective, non pour réhabiliter l’espace public et substituer à l’accusation de fausseté une célébration de sa vérité, mais, dans une perspective foucaldienne, en s’attachant à ce qu’il produit – à ses effets bien réels.

Au lieu de penser l’intimité, comme le fait d’ordinaire la pensée libérale, en opposition à l’espace public, il convient de s’inspirer de la critique féministe d’un partage entre les deux sphères, publique et privée, pour appréhender la présence de l’espace public jusque dans le corps. Sans doute tout le monde n’a-t-il pas accès à l’espace public, pour y prendre la parole. En revanche, l’espace public traverse bien tout un chacun. Et ce n’est pas un hasard si c’est autour des questions sexuelles que cette incorporation de l’espace public apparaît pleinement.

On esquissera donc une relecture critique de l’habitus, dont Pierre Bourdieu souligne, en particulier dans La domination masculine, qu’il s’inscrit d’autant mieux dans le corps qu’il n’est pas conscient, à la lumière de Marcel Mauss, dont les « Techniques du corps » font une place à l’espace public – en l’occurrence, aux représentations cinématographiques. Des exemples empruntés en particulier à Judith Butler, Olivier Py et Francis Scott Fitzgerald viendront nourrir cette proposition théorique en soulignant combien l'identité sexuelle participe d'une identité nationale.

Ancien élève de l'École Normale Supérieure et agrégé d'anglais, Éric Fassin est chercheur à l’Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux (sciences sociales, politique, santé), unité mixte de recherche associant le CNRS, l’Inserm, l’EHESS et l’université de Paris XIII. Sociologue engagé dans le débat public, il travaille sur la politisation des questions sexuelles et raciales, en France et aux États-Unis.

ANR CINEPOP50

Le programme ANR CINEPOP50 "Cinémas et cinéphilies populaires dans la France d'après-guerre 1945-1958" (responsable: Geneviève Sellier, Professeure en études cinématographiques), en partenariat entre le MICA et l'IRCAV (Paris 3), a désormais un site :

http://www.cinepop50.fr

CONTACT :

Geneviève Sellier

Professeure en études cinématographiques

Université Michel de Montaigne - Bordeaux 3

Membre de l'Institut Universitaire de France

Bordeaux, conférence d'André Vitalis

L'Association Aquitaine Bernard Charbonneau-Jacques Ellul vous convie à la conférence d'André VITALIS (professeur émérite de Science de l'information et de la communication- Bordeaux III) :

DEMOCRATIE ET TECHNOLOGIES DE CONTROLE

Lundi 11 juin 2012 à 18 heures

Lycée Michel Montaigne (BORDEAUX)

Salle du Gallia (salle 600) - Entrée par la rue Sainte-Catherine

Les avancées démocratiques et les progrès des droits de l'homme ont été accompagnés par de nouvelles modalités de contrôle qui en limitent et parfois compromettent les effets.

Le double caché de la société de communication d'aujourd'hui, à base de technologies et de réseaux, est la société de contrôle avec la figure de l'Etat-surveillant et le piratage mondial des identités personnelles par des intérêts privés.

Il s'agira de prendre la mesure de la nouvelle surveillance, "une chronosurveillance" faite de vitesse et d'automaticité, dont la légitimité démocratique est loin d'être acquise.

Parution: Communication & Organisation n°39

Les applications de la sémiotique à la communication des organisations

Coordination : Andrea CATELLANI et Martine VERSEL

Presses Universitaires de Bordeaux

272 pages - 25 euros

Ces deux domaines complexes que sont la sémiotique-sémiologie et la recherche en communication des organisations présentent une certaine richesse de croisements, de figures d’échange et de rencontre, d’ailleurs plus ou moins internes au domaine de l’information et de la communication. D’un point de vue général, les organisations sont des « machines sémiotiques » à cause de leur incessante production de sens et de textualités, à l’intérieur comme vers l’extérieur. Cette production est nécessaire pour leur existence, bien avant les objectifs de « succès », réputation et efficacité auprès des publics et des parties prenantes. Les organisations sont même des « machines paresseuses », comme le disait Eco à propos des textes (1979), parce que l’interprétation des organisations, la « lecture » que les acteurs sociaux peuvent en faire, et donc au fond leur existence, est liée strictement à l’activité interprétative, sociale, politique, etc. des acteurs humains (sans oublier leur prothèses, interfaces et « adjuvants » non-humaines).

L’analyse des organisations rend donc possible le croisement de la tradition sémiotique avec les SIC. Le développement des socio-sémiotiques est particulièrement intéressant pour les SIC, tout comme les évolutions de la sémio-pragmatique. Nous constatons en tout cas que, si des recherches sémiotiques sur les textualités et les pratiques des organisations existent, une véritable sémiotique de l’organisation reste peut-être encore à construire. Sera-t-il alors le rapprochement avec les SIC, et en particulier avec certaines approches « constitutives » de la communication organisante, à rendre plus facile cette naissance ? Nous imaginons ici donc un processus inverse, une fécondation de retour.

Du point de vue des SIC, les apports sémiotiques seront toujours importants pour mieux saisir la dimension de la production et circulation du « sens » et des signes. Il ne s’agit pas du tout d’imposer un courant « textualiste » en SIC d’organisation, qui serait centré sur le texte (verbal) en contraposition aux courants plus « actionnistes » (centrés sur l’analyse de l’interaction et de l’action des acteurs). Nous soulignons que l’organisation entière, ses objets, ses interactions, et les actions de ses acteurs sont des objets possibles pour l’analyse sémiotique autant que les textualités plus traditionnelles. Il s’agit donc plutôt de montrer l’utilité d’une ouverture, d’une attention réciproque, et aussi de certaines fertilisations croisées au niveau conceptuel et méthodologique.

Auteurs : Andrea Catellani, Martine Versel, Jean-Jacques Boutaud, Eléni Mitropoulou, Jacques Fontanille, Pierluigi Basso Fossal, Anthony Mathé, Annick Monseigne, Béatrice Galinon-Mélénec, Christiane Legris-Desportes, Patrice de la Broise, Céline Bryon-Portet, Amaia Errecart, Barbara Szafrajzen et Hakim Hachour.

mardi 22 mai 2012

JE - "Les écritures ordinaires de la recherche"

Lundi 25 juin 2012

Université de Toulouse-Le Mirail

Maison de la recherche Salle D 31

Dans le quotidien de leurs activités, les chercheurs produisent quantité de traces et inscriptions en amont d'un résultat formalisé. Bien souvent occultés, ces écrits informels constituent pourtant une fenêtre irremplaçable sur la science en train de se construire et permettent de rendre visible et compréhensible le processus habituellement dissimulé de production de la science.

Soutenu par le Conseil régional de Midi-Pyrénées et porté par le laboratoire d'études et de recherches appliquées en sciences sociales (LERASS), en association avec l'Urfist de Toulouse, le projet ÉCRITO vise au travers d'une approche socio-épistémologique à mieux comprendre la place et le rôle de ces écritures informelles dans la production des connaissances nouvelles. Il s'agit également de prolonger le questionnement sur le patrimoine scientifique à partir de ces traces produites quotidiennement par les chercheurs. Les rendre visibles, c'est contribuer à préserver et à valoriser les activités ordinaires du chercheur. Le projet s'inscrit ainsi dans une continuité d'efforts déjà entrepris en Midi-Pyrénées par des partenaires comme la Maison des sciences de l'homme de Toulouse et la mission "Sauvegarde du patrimoine scientifique et technique contemporain de Midi-Pyrénées" ; il s'articule également avec le projet PATOUS consacré au patrimoine immatériel des universités toulousaines.

Cette journée d’étude intervient au mitan du projet ÉCRITO. Elle est pensée à la fois comme une première synthèse des résultats obtenus ainsi que comme un temps de réflexion au travers de diverses mises en perspective conceptuelles.

Programme :

9h – 9h30 : Introduction – Robert Boure (Sciences de l’information et de la communication, LERASS, Université Toulouse-III)

9h30 – 12h30 : Restitution des terrains

• Une écriture invisible pour le traitement de données visuelles – Sophie Dalle-Nazébi (Sociologie, Websourd) / Dimitri Aguera (Archiviste, PRES Toulouse)

• Traces turbulentes, écrits diffus. Le «bureau» : support palimpseste du travail en mécanique des fluides – Dimitri Aguera (Archiviste, PRES Toulouse) / Sébastien Plutniak (Sociologie, LISST, Université Toulouse II)

• Neuroscience et archivage : l'impact de l'humain en tant qu'objet de recherche – Jules Tombelle (Sociologie, LISST, Université Toulouse-II)

• Archéologie : archiver l’absence – Sébastien Plutniak (Sociologie, LISST, Université Toulouse II) / Sylvie Fayet (Conservateur, URFIST, PRES Toulouse)

• Le film-recherche – Anne-Marie Granié (Sociologie, Dynamiques Rurales, Université Toulouse II) / Jean-Pascal Fontorbes (Audiovisuel, Dynamiques Rurales, Université Toulouse II)

• Griffer le verre : les marques d'appropriation dans la verrerie d'un laboratoire de biologie – Jérôme Lamy (Histoire des sciences, LISST, Université Toulouse II)/ Sébastien Plutniak (Sociologie, LISST, Université Toulouse II)

12h30 – 14h : Pause déjeuner

14h – 16h30 : Mises en perspective

• Matérialités de l'écriture : le chercheur et ses outils, du papier à l'écran –Oriane Deseilligny (Sciences de l'information et de la communication, GRIPIC, Université Paris Nord)

• Un chercheur, des archives : les traitements possibles dans le cadre des Archives de l'Université – Anne Fernandez (Archiviste, Université Toulouse I)

• De la mise en archives de soi à l'archivage de la Science : expériences et modes de transmission des archives personnelles de la recherche – Yann Potin (Archives Nationales)

• La patrimonialisation de la science en train de se faire : pour quoi, pour qui ? – Daniel Jacobi (Sciences de l’information et de la communication, centre Norbert Elias, Université d’Avignon)

16h30 – 17h : Bilan – Muriel Lefebvre (Sciences de l’information et de la communication, LERASS, URFIST, Université Toulouse I)

Pour une présentation plus détaillée du projet ÉCRITO, vous pouvez vous reporter au carnet de recherche : http://ecrito.hypotheses.org/

Institutions partenaires

• LERASS

• URFIST de Toulouse

• LISST

• Dynamiques Rurales

• PRES – Mission de Sauvegarde du Patrimoine Scientifique et Technique Contemporain)

• MSHS – Toulouse

• Région Midi-Pyrénées

• Websourd

Organisation

• Muriel LEFEBVRE (LERASS, URFIST, UTI)

• Sylvie FAYET (URFIST, PRES)

• Céline POTTIER (MSHS-T, PRES)

• Dimitri AGUERA (URFIST, PRES)

Contacts

• Muriel Lefebvre, muriel.lefebvre@univ-tlse1.fr

Inscription

La journée d’étude est ouverte à tous. Merci néanmoins de vous inscrire avant le 18 juin à l’adresse suivante : Anne-Marie Cau, urfist@univ-tlse1.fr

Dans le cadre du partenariat avec Websourd, la journée d'études sera traduite en langue des signes.